AAP 2017-2018 – Retour sur le projet REVIVRE

Astiria rosea (récolté en 1830 à l’Ile Maurice)- Copyright Muséum national d’Histoire naturelle, Paris (France) /Collection : Plantes vasculaires (P).

Faire renaitre des plantes disparues, telle est l’ambition du projet REVIVRE.

Les herbiers conservent des spécimens de plantes récoltées à des périodes plus ou moins anciennes, dont certaines n’existent plus ni à l’état sauvage ni même en culture. Pour ces espèces, les graines conservées sont certainement l’unique possibilité de régénération de plantes et de réintroduction dans les milieux naturels d’où elles ont disparu pour certaines depuis plus d’un siècle.

Si nombre de graines conservent leur potentiel de germination pendant en moyenne 30 ans, certaines pourraient, dans certaines conditions, pouvoir germer après plusieurs centaines voire milliers d’années. Pour la plupart des espèces, la simple mise en culture ne donne pas de résultats probants, aussi il faut recourir à des techniques de culture in vitro qui ont déjà permis à des chercheurs de régénérer des populations de plantes disparues.

Une équipe de botanistes, spécialistes de l’étude de la germination des graines et de restaurations des plantes a sélectionné, sur la base de la liste des espèces disparues, deux espèces aujourd’hui éteintes : Logfia neglecta (disparue depuis 1977) et Astiria rosea (disparue depuis 1860).

Les graines de ces deux espèces dites « cibles » étant trop rares dans les collections d’herbiers pour envisager des tests et des analyses pouvant être destructifs, des espèces proches dites « affines », des Filago et Gnaphalium pour Logfia neglecta, et des Dombeya pour Asiria rosea, qui sont davantage présentes dans les herbiers ont été choisies pour élaborer un protocole de test.

Les graines d’Astiria rosea ont été analysées par microtomographie aux rayons X afin de déterminer leur potentiel de viabilité. Les essais de mise en culture n’ayant pas permis d’aller au-delà de la germination, les graines ont donc ensuite été mises en culture in vitro afin d’augmenter les possibilités de régénération. Pour aller plus loin, les chercheurs envisagent aujourd’hui de travailler non plus sur l’embryon complet de la graine mais à partir de fragments embryonnaires dont le potentiel de développement semble prometteur.

La recherche doit encore continuer pour faire revivre des espèces de plantes disparues. Mais dans le contexte actuel de l’érosion de la biodiversité, les recherches entreprises par l’équipe REVIVRE est un défi technologique novateur dont les avancées seront non seulement profitables aux prochains travaux de recherche dans le domaine de la régénération d’espèces disparues, mais aussi à la sauvegarde du patrimoine naturel.

L’équipe REVIVRE :

MULLER Serge, ISYEB, MNHN
PRIOLET Valérie, DGD MJZ, MNHN
PAUTHIER Yves, DGD MJZ, MNHN
LANG Simon, DGD MJZ, MNHN
INVERNON Vanessa, ISYEB, MNHN
PIGNAL Marc, DGD Coll/ RECOLNAT, MNHN
RAMAMBASON Camille, Stagiaire M2 Univ. Aix-Marseille
BUORD Stéphane, CBN Brest
BADEL Eric, INRA Clermont-Ferrand
LHERMINIER Jeannine, INRA Dijon
LE PECHON Timothé, ISYEB, MNHN

Le projet REVIVRE a reçu le soutien d’OPUS pour l’ Appel A Projets Exploratoires 2017/2018.

Logfia neglecta (récolté en 1922 à Vioménil (88) - Copyright Muséum national d’Histoire naturelle, Paris (France) /Collection : Plantes vasculaires (P)
Astiria rosea (récolté en 1830 à l'Ile Maurice)- Copyright Muséum national d’Histoire naturelle, Paris (France) /Collection : Plantes vasculaires (P).