Renforcer l’interdisciplinarité et le lien formation-recherche

Avec ses instituts et initiatives, l’Alliance Sorbonne Université fait des grands enjeux sociétaux une source d’innovation, de création et de transformation.

La Vice-présidente Recherche, innovation et science ouverte, Nathalie Drach-Temam, nous présente ces entités qui donnent à la communauté scientifique l’opportunité de confronter savoirs et expériences autour d’une thématique commune.

 

L’Alliance Sorbonne Université a mis en place, depuis 2015, des instituts et des initiatives. De quoi s’agit-il plus précisément ?

Nathalie Drach-Temam : Il s’agit de communautés interdisciplinaires réunies autour d’une thématique commune, ouvertes à l’ensemble des collègues de l’Alliance Sorbonne Université. En s’appuyant sur les structures de recherche et de formation de l’Alliance, elles renforcent les liens entre recherche, formation et transfert à la société (diffusion des savoirs et innovation) autour d’une même thématique.

Elles créent ainsi de nouvelles synergies et font émerger des projets innovants pour répondre aux grands enjeux sociétaux, en complément de ce que permet la recherche au cœur des disciplines

Quelle est leur vocation ?

N. D.-T. : Leur mission est d’impulser de nouvelles approches scientifiques grâce à la diversité et à la complémentarité des domaines de spécialité propres à chaque établissement de l’Alliance Sorbonne Université. L’approche systémique que nous encourageons permet à la fois d’intégrer d’autres méthodologies et façons de penser, et de faire émerger des thématiques innovantes au bénéfice des structures de recherche et de formation existantes.

Ces approches interdisciplinaires s’appuient également sur les partenaires associatifs, culturels et socio-économiques pour conforter l’ouverture internationale.

Comment se sont constitués ces instituts et initiatives dont les derniers ont vu le jour en 2020 ?

N. D.-T. : Nous avons créé, en 2015, l’Institut de la transition environnementale, l’Institut universitaire d’ingénierie en santé, l’Observatoire des patrimoines, le Collegium Musicae et l’Institut des sciences du calcul et des données, à partir des appels à programmes Convergence et de réflexions avec les collègues.

Quatre ans plus tard, le Centre pour l’intelligence artificielle (SCAI) a vu le jour, rejoint en 2020, par l’Institut des sciences des matériaux, le Centre d’information quantique et l’Institut de la mer. De cette impulsion sont également nées une dizaine d’Initiatives dont les thèmes portent sur la biologie, le théâtre, l’économie de la santé, le genre, les humanités bio-médicales, la maîtrise des systèmes technologiques sûrs et durables, la physique des infinis, les sciences de l’Antiquité, les sciences et ingénierie moléculaire et la biodiversité, l’évolution, l’écologie et la société.

Il s’agissait de soutenir les projets portés par les communautés interdisciplinaires. Nous avons fait le choix de capitaliser sur le travail des collègues plutôt que de lancer un nième appel à projets. Certains projets d’instituts et d’initiatives sont d’ailleurs issus d’anciens Labex. Parmi les 15 nouveaux, dix ont été candidats aux appels à projets EUR (Ecoles universitaires de recherche), trois pré-existaient, soutenus par les établissements, et deux nouvelles opérations scientifiques ont démarré.

Quelles différences faites-vous entre un institut et une initiative ?  

N. D.-T. : Les instituts portent des projets de masse critique impliquant plusieurs membres de l’Alliance Sorbonne Université. Les initiatives peuvent favoriser quant à elles, la création d’une communauté au sein d’un même établissement ou d’une seule faculté. Tous deux sont des entités agiles et dynamiques. Leur périmètre disciplinaire n’est pas déterminé a priori : chacun peut y prétendre à partir du moment où il s’intéresse au sujet qu’elles portent.

Comment s’inscrivent-ils, en termes de mode de fonctionnement, dans le paysage universitaire ?

N. D.-T. : Tous les collègues qui travaillent dans les instituts et initiatives restent membres de leurs unités de recherche, UFR, facultés et établissements. Les doctorants et les post-doctorants financés par les instituts et initiatives travaillent dans les unités de recherche des établissements de l’Alliance Sorbonne Université. Les doctorants sont rattachés à l’école doctorale de leur directeur de thèse et sont suivis par cette même école doctorale.

Quant à leur gouvernance, nous l’avons souhaitée légère. Elle repose sur un directeur ou une directrice scientifique (éventuellement épaulé par des adjoints ou une équipe de direction), un conseil d’orientation stratégique composé de personnalités scientifiques extérieures, et un conseil des structures parties prenantes (unités de recherche, structures de formation, UFR) qui permet d’informer tous les acteurs des actions et perspectives des instituts et initiatives.

De quels leviers d’action bénéficient-ils pour mener à bien leurs objectifs ?
 
N. D.-T. :
Nous leur avons consacré un budget annuel de 11,3 millions d’euros. Cette année, 54 contrats doctoraux ont été portés par les instituts et initiatives suite à un appel à projet unique ouvert à toute la communauté de l’Alliance Sorbonne Université.

Nous avons fait le choix d’allouer un budget sur 4 ans, jusqu’à fin 2023, dans une vision pluriannuelle sans définir de répartition a priori, mais en laissant les collègues gérer dynamiquement ces fonds. Ces instituts et initiatives seront, comme toutes les structures, évalués à la fin du contrat 2019-2023.

Article publié le le 26/11/2020 par Sorbonne Université : https://www.sorbonne-universite.fr/actualites/renforcer-linterdisciplinarite-et-le-lien-formation-recherche