AAP 2017-2018 – Retour sur le projet ChronOSenlis

Cathédrale de Senlis Par Diliff — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=40026171

Le projet ChronOSenlis a pour objet l’étude inédite d’un matériau dont l’usage est encore mal connu en histoire de la construction médiévale : l’os.

La cathédrale de Senlis, dont la construction débute au XIIe siècle, est l’un des rares édifices où l’emploi de l’os pour l’assemblage des blocs de pierre est largement attesté. Éléments invisibles car nichés au cœur de la pierre, les os repérés dans 34 emplacements de la cathédrale ont intrigué les spécialistes de l’architecture médiévale.

L’absence de mention dans les sources écrites, autre que les documents comptables, de l’utilisation de ce matériau ne permettant d’établir ni les motivations techniques, ni une chronologie de son usage, de nombreuses questions se posent aujourd’hui. S’agit-il d’une technique de construction traditionnelle utilisée sans interruption majeure du XIIe siècle au XIXe ? Quelles espèces animales étaient utilisées et pour quelles raisons ?

Autant de questions sur lesquelles une équipe pluridisciplinaire de chercheurs en architecture médiévale, archéozoologie, géochronologie et chimie a commencé à lever le voile en 2018.
Les analyses faites sur 25 fragments d’os ont en effet permis d’en connaître un peu plus sur l’origine et l’âge des os employés. Les analyses protéomiques, permettant de caractériser les fractions de protéines préservées, ont ainsi confirmé que les os utilisés dans la construction de la cathédrale de Senlis proviennent majoritairement d’ovins et dans une moindre proportion de bovins. Quant à la datation par radiocarbone, elle semble attester de l’usage répété de cette technique dans le temps et de la certitude de son emploi par les restaurateurs du XIXe siècle.

Porté par Sabine Berger, maître de conférences en Histoire de l’art du Moyen Âge à Sorbonne Université, le projet ChronOSenlis a été l’occasion d’une collaboration interdisciplinaire riche et positive entre les chercheurs du Centre Chastel de Sorbonne Université, en premier lieu Mathieu Lejeune dont la thèse de doctorat – récemment soutenue – porte sur la flèche de la cathédrale de Senlis, et du Muséum national d’Histoire naturelle dont le travail pourrait se prolonger par la recherche d’éléments comparatifs au sein du patrimoine français et plus largement européen (cathédrale de Beauvais, abbatiale de Vendôme, etc.).

 

L’équipe ChronOSenlis :

  • Antoine Zazzo, directeur de recherche au C.N.R.S., créateur et responsable scientifique du Laboratoire de Datation par le Radiocarbone du M.N.H.N.
  • Sophie Cersoy, Maître de conférences au M.N.H.N.
  • Séverine Zirah, Maître de conférences H.D.R. au M.N.H.N.
  • Benoît Clavel, chargé de recherche au C.N.R.S., M.N.H.N. et Laboratoire d’archéozoologie de Compiègne.
  • Sabine Berger, Maître de conférences à Sorbonne Université.
  • Mathieu Lejeune, Docteur en Histoire de l’art médiéval de la Faculté des lettres de Sorbonne Université et de l’Université de Technologie de Compiègne.
  • Margot Guernalec, étudiante en Master au M.N.H.N.

 

Le projet ChronOSenlis a reçu le soutien d’OPUS pour l’ Appel A Projets Exploratoires 2017/2018.

Cathédrale de Senlis Par Diliff — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=40026171
Copyright Mathieu Lejeune - 2018
Copyright Mathieu Lejeune - 2018
Copyright Mathieu Lejeune - 2018